🌮 La pâte à modeler sera-t-elle le prochain jouet pour adultes ?
#62 ma liste de polars pour l'été ; les Beatles et le repertoire classique ; idée de side business autour des produits IKEA vintage ; l'argent des artistes
Bonjour,
Je vous écris cette édition un peu en décalé. J’ai une semaine de retard, mais avec la chaleur et la Coupe du Monde, j’ai travaillé au ralenti !
Aujourd’hui, je vous propose quelques recommandations de lectures de polars, une émission de radio sur les Beatles et le répertoire classique, le nouveau jouet pour les Kidults, une idée de side business autour des produits IKEA vintage et une série de 4 articles sur la rémunération des artistes avec des exemples très concrets.
C’est parti, bonne lecture !
1. Ma liste de polars pour l’été
Dans le dernier épisode du podcast Si besoin, dont je vous parlais dans la précédente édition, Philippe Lançon et Nicolas Demorand recommandent des auteurs pour (re)prendre goût à la lecture et se changer les idées.
J’ai noté leurs suggestions, car je n’ai encore lu aucun de ces auteurs et j’ai bien l’intention de les découvrir.
Je vous partage donc leurs recommandations, auxquelles j’ai ajouté quelques-uns de leurs livres les + connus, si vous cherchez des idées de lecture ou des idées de cadeaux.
Dashiell Hammett : La moisson rouge, Le Faucon de Malte, L’Introuvable
Michael Connelly : Les Égouts de Los Angeles, La Glace noire, Le Poète, Créance de sang
Jean-Patrick Manchette : La Position du tireur couché, Le Petit Bleu de la côte Ouest
Thierry Jonquet : Mygale, La Bête et la Belle
J’ai hâte de lire ces auteurs de roman noir réputés pour leurs intrigues efficaces avec des personnages complexes !
Bonne lecture 😉
2. Les Beatles et le répertoire classique
J’ai adoré l’émission de France Musique du 2 juillet, consacrée aux Beatles et le répertoire classique. Je connaissais peu l’influence de Bach sur les Beatles mais je ne m’étais jamais intéressée à l’influence des Beatles sur la musique classique contemporaine. Cette émission est très intéressante car elle met en lumière les liens dans les 2 sens.
Même si vous n’êtes pas ultra fan des Beatles, je vous recommande l’émission. Déjà parce que vous pourriez le devenir 🤪, mais plus sérieusement parce qu’il y a quelques pépites.
Pour vous mettre l’eau à la bouche (bien fraîche, avec des glaçons), voici une version au piano de Here, There and Everywhere (ma chanson préférée des Beatles, enfin ça change à chaque décennie…) et de Something, interprétée par Peter Rostal et Paul Schaefer (piano) avec le Royal Philharmonic Orchestra conduit par Sir John Rutter :
Je trouve cette version tellement belle et imagée. Je me vois bien sur un voilier, avec une lumière de fin d’après-midi qui glisse sur l’eau. Des reflets dorés et mouvants à la surface. Un vent doux. Le léger cliquetis des voiles. Le soleil qui chauffe la peau sans la brûler. Vous y êtes avec moi ?
Allez c’est bientôt les vacances !
P.S : pour les musiciens, voici toutes les partitions des Beatles (1962-1974). On parle de 201 chansons en 12 ans 🤯.
3. La pâte à modeler sera-t-elle le prochain jouet pour adultes ?
Depuis le début de cette newsletter, je vous ai parlé à plusieurs reprises des Kidults : ces adultes qui achètent des jouets, que ce soit par nostalgie, passion ou plaisir créatif. J’ai d’ailleurs investi dans une Barbie et dans des Hot Wheels dans une logique l’achat revente. Note à moi-même : il faudrait que je les sorte de l’armoire et que je pense enfin à les mettre en vente…
Dans la même veine, Hasbro vient de lancer Blooms by Play-Doh, une nouvelle gamme qui permet de créer des compositions florales à partir de pâte à modeler.
Dans la pub, le résultat ressemble à ça :
Je serais curieuse de voir à quoi cela ressemble vraiment dans la vraie vie. Entre la promesse marketing et le résultat final, il y a parfois un monde… mais ce qui est intéressant, selon moi, c’est la tendance qu’il révèle.
Dans un contexte de baisse de la natalité et de recul du nombre d’enfants dans de nombreux pays, les fabricants de jouets cherchent de nouveaux relais de croissance. Le jouet pour adultes est un segment stratégique.
Hasbro suit la voie ouverte par LEGO, en créant des gammes plus sophistiquées, pensées pour être exposées plutôt que simplement utilisées pour jouer.
Je vois là une tendance de fond : les frontières entre produits pour enfants et produits pour adultes continuent de s’effacer. Après les LEGO, les cartes (Pokémon, Magic: The Gathering, One Piece, etc.) , les figurines de collection et les peluches, la pâte à modeler sera-t-elle la prochaine activité créative à trouver sa place dans l’univers des loisirs pour adultes ?
A quand les séries limitées de pâte à modeler, les collaborations avec des artistes et les pots Play-Doh à collectionner ?
4. L’argent des artistes
J’ai des amies musiciennes, peintres, performeurs, écrivaines. Je connais donc plutôt l’envers du décor avec la difficulté de cumuler suffisamment d’heures pour toucher l’intermittence et les dizaines de messages envoyés pour décrocher un concert ou une mission. La réalité c’est que les artistes passent plus de temps à se faire connaître plutôt qu’à créer.
On parle souvent des artistes à travers leur passion et leur talent mais beaucoup moins à travers leur réalité économique.
C’est pour ça que je vous avais partagé combien gagne un écrivain dans cet article, et c’est pour ça que j’ai beaucoup aimé la série d’articles publiée par Télérama sur la rémunération des artistes.
Le magazine a interrogé 4 personnalités aux parcours différents : Charles Berling (acteur et metteur en scène), Dominique A (auteur-compositeur-interprète), Ariane Ascaride (actrice) et Inga Sempé (designer). Ils ont accepté de briser un tabou en expliquant concrètement combien ils gagnent et pourquoi une carrière artistique reste souvent fragile, même avec une certaine notoriété.
Plusieurs passages m’ont surprise.
Je vous partage quelques extraits qui donnent un aperçu très concret de ce que signifie vivre de sa création :
Charles Berling - metteur en scène, acteur et directeur de la scène nationale Châteauvallon-Liberté
En 2025, j’ai tourné sept jours durant dans La Vie d’une femme, de Charline Bourgeois-Tacquet [en salle le 9 septembre, ndlr], payés 3 000 euros brut la journée. Cela paraît beaucoup, évidemment, pour quelqu’un qui gagne moins de la moitié en un mois. Mais les comédiens ne touchent pas de telles rémunérations tous les jours. Un tournage nécessite aussi beaucoup de travail en amont, pour apprendre le texte, notamment. Ensuite, il faut assurer la promotion des films lors de leur sortie, ce qui n’est pas rémunéré.
Travailler pour les plateformes de streaming américaines permet de comprendre combien l’économie du cinéma français est pauvre. En 2022, j’ai participé au tournage de la série The New look, sur Christian Dior, pour Apple TV. Cela a duré dix jours, et j’ai été rémunéré 10 000 euros brut par jour. Ce qui est extrêmement bien payé. Cette série m’a cependant demandé une préparation spécifique, car j’ai dû apprendre le texte en anglais, et j’ai pris un coach à mes frais pour m’aider à la diction.
Dominique A - auteur, compositeur et interprète
Aujourd’hui encore, quand je reçois mes bulletins Sacem [société qui gère la distribution des droits d’auteur des musiciens], les titres les plus rémunérateurs ne sont pas les miens. Immortels, composé pour Bashung, est celui qui m’a rapporté le plus — sans doute entre 100 et 150 000 euros. Bon an mal an, je touche entre 100 000 et 200 000 euros annuels de droits d’auteur.
Pour un concert, je reçois aujourd’hui aux alentours de 400 à 450 euros net. Mes camarades sur scène, autour de 300 à 350. Pour que la tournée se fasse dans de bonnes conditions, il est nécessaire qu’il n’y ait pas de crispations, et donc partir sur des bases à peu près égales. Si je fais soixante ou soixante-dix dates, en jouant chaque soir vingt-cinq morceaux, je vais aussi finalement recevoir entre 30 000 et 40 000 euros de la Sacem.
Ariane Ascaride - actrice
En tant que femme, il faut toujours négocier des tournants de carrière, à 30 ans, 40 ans… Et on est susceptible de disparaître bien plus tôt que les hommes. Je suis une sorte d’anomalie. Aujourd’hui, je touche une retraite de 2 100 euros après plus de quarante ans de travail dans le cinéma et sur les planches. Mais j’ai la chance, à 70 ans, de recevoir encore des scénarios. Je suis considérée comme une des vieilles dames “possibles” du cinéma !
Je continue aussi à jouer au théâtre. Je suis en tournée avec Touchée par les fées,d’après Marie Desplechin. Ma rémunération y est de 1 000 euros par représentation, et 1 500 euros à partir de la sixième date, quel que soit le nombre de spectateurs accueillis et les recettes de billetterie.
Inga Sempé - créatrice d’objets et de mobilier
Soit les designeurs indépendants débutants enseignent, soit ils ne gagnent rien. Il faut cumuler beaucoup d’objets édités pour pouvoir vivre de sa création. D’autant que le temps de développement est de quatre ou cinq ans entre le premier croquis et le résultat final. Pendant cette période, on n’est en général pas rémunéré.
J’ai arrêté d’enseigner il y a quinze ans, après avoir pu faire éditer pas mal d’objets, en particulier le canapé Ruché — vendu autour de 6 000 euros —, qui reste mon best-seller, décliné en lit et en fauteuil. Aujourd’hui, bien sûr, ma situation a changé, mais ce n’est jamais acquis. Un éditeur peut annuler une production sans même vous prévenir. Il arrive aussi que l’on vous impose une diminution du taux de royalties. Nous nous trouvons vraiment au cœur d’un système hypercapitaliste. On nous fait croire que nous sommes les stars, mais il existe une distorsion énorme entre les revenus des designeurs et leur notoriété dans la presse ou sur Instagram.
Derrière une chanson, un film, un objet, une pièce de théâtre ou un tableau, il y a souvent des années de préparation, de la logistique, des démarches administratives à n’en plus finir, et une multitude de tâches chronophages qui restent invisibles et souvent non rémunérées.
Parler d’argent ne diminue pas la valeur d’une œuvre. Au contraire, cela permet de mieux comprendre les conditions nécessaires pour que la création puisse exister.
5. Side business autour des produits IKEA vintage
Puisque la saison des vide-greniers bat son plein, voici une petite idée pour arrondir ses fin de mois.
IKEA a construit son succès sur une promesse : rendre le design accessible au plus grand nombre. Paradoxalement, certaines pièces vintage de la marque sont aujourd’hui devenues de véritables objets de collection.
Pourquoi ?
Parce qu’elles combinent plusieurs ingrédients qui créent de la valeur : un design reconnaissable, une production limitée, une dimension nostalgique et une communauté de passionnés.
Pour quelqu’un qui voudrait lancer un side business, plusieurs opportunités existent :
Achat-revente : repérer des pièces sous-cotées sur Leboncoin, Facebook Marketplace ou les brocantes, puis les revendre sur des plateformes spécialisées.
Curation : créer une newsletter, un compte Instagram ou un guide qui identifie les IKEA collectors.
Création d’un outil : proposer un suivi des prix, des alertes d’achat ou une base de données des modèles recherchés, comme cela existe déjà pour Lego ou les cartes Pokémon.
Quelques conseils pour se lancer dans l’achat-revente :
Privilégier les matériaux durables : verre, plastique de qualité, bois massif, métal.
Les meilleures catégories : luminaires, objets décoratifs, assises.
Se documenter : le musée en ligne IKEA propose des archives de catalogues et l’histoire des designers, collections et objets emblématiques.
Quels sont les modèles à surveiller ?
Selon cet article du Wall Street Journal, les pièces qui ont le plus de potentiel sont les collaborations avec des designers, les collections limitées comme IKEA PS ou Stockholm, les luminaires et les objets avec une forte identité visuelle.
Voici quelques exemples de produits IKEA dont la valeur a fortement progressé :
Alors, quels seront les prochains objets du quotidien qui deviendront les pièces nostalgiques recherchées par la prochaine génération ?
🌮C'est tout pour aujourd'hui ! J'espère que cette 62e édition de Taquito était appétissante. Si vous lisez / écoutez / visionnez / créez des choses intéressantes, n’hésitez pas à me les partager : taquitonewsletter@gmail.com.
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