đź Pourquoi mange-t-on 6 fois plus de poulet quâil y a 60 ans ?
#61 La hchouma ; Si besoin ; injections de Botox Ă moins de 19 ans ; DeBĂ TiRAR MĂĄS FOToS chez Tracks
Hola hola,
JâespĂšre que vous avez tenu bon pendant la canicule. Askip, ce nâest que le dĂ©but.
Chez moi, le thermomĂštre est montĂ© jusquâĂ 34 °C dans lâappartement. Au-delĂ de la sudation excessive dans chacun de mes pores, jâai constatĂ© que mon cerveau sâest mis en OFF. Impossible de me concentrer, de me motiver Ă faire quoi que ce soit. Je cherchais mes mots, jâen mĂ©langeais dâautres. Pendant une semaine, jâai eu lâimpression que mes neurones avaient dĂ©cidĂ© de partir en vacances avant moi.
Je pense à celles et ceux pour qui cette chaleur est insupportable : les nourrissons, les femmes enceintes, les personnes malades, les personnes ùgées, ou encore celles qui passent leurs journées assises ou alitées.
On va tenir.
On survivra Ă lâĂ©tĂ© 2026.
Puis au suivant.
Haut les coeurs !
Mes neurones se reconnectent petit Ă petit, aujourdâhui je vous recommande un reportage, un livre, un podcast et 2 sujets de rĂ©flexion.
Câest parti, bonne lecture !
1. DeBĂ TiRAR MĂĄS FOToS
Jâaime bien regarder Tracks, une Ă©mission diffusĂ©e sur ARTE (et disponible sur YouTube), qui fĂȘtera ses 30 ans lâan prochain. Elle explore les contre-cultures, les scĂšnes alternatives et les nouveaux courants artistiques, quâils viennent de la musique ou des arts visuels.
Le dernier Ă©pisode dure 30 minutes et est consacrĂ© Ă lâalbum de Bad Bunny, DeBĂ TiRAR MĂĄS FOToS. Pour ce CD, Bad Bunny a invitĂ© plusieurs groupes et chanteuses de son Ăźle afin de crĂ©er une Ćuvre collective. Lâalbum raconte en musique la lutte de Puerto Rico face au colonialisme Ă©tats-unien. Jâai trouvĂ© trĂšs intĂ©ressant de dĂ©couvrir les artistes boricuas qui ont participĂ© Ă lâalbum et de comprendre comment les traditions musicales portoricaines lâont nourri. Le cĂŽtĂ© collectif et politique du projet est vraiment inspirant.
Au risque de perdre des abonnĂ©s, je dois reconnaĂźtre que je connais trĂšs mal Bad Bunny. Jâai toujours fait un blocage sur sa maniĂšre de chanter. Dâailleurs, je ne serai pas Ă la Paris La DĂ©fense Arena samedi pour le voir, mais au Stade de France pour assister au concert de System of a Down đ€đœ.
MAIS !
Cette Ă©mission mâa donnĂ© envie de mieux comprendre son univers. Une fois passĂ© mon blocage, qui sait, peut-ĂȘtre que Bad Bunny pourra rejoindre ma playlist ! Il ne faut jamais dire jamaisđ.
2. Faire des injections de Botox Ă moins de 19 ans
En 2024, plus de 9 millions d'injections de Botox et d'autres neuromodulateurs commercialisĂ©s sous diffĂ©rentes marques (comme Dysport ou Jeuveau) ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es aux Ătats-Unis.
ParallÚlement, l'arrivée du « Baby Botox », présenté comme un traitement préventif, s'est accompagnée d'une hausse de 71 % des patients dans la vingtaine ayant recours à ces injections, ainsi que d'une augmentation de 75 % chez les patients de 19 ans et moins.
Faire des injections de micro-doses de Botox Ă moins de 19 ans.
Je vous avoue que lorsque je lis cette statistique, je ne comprends pas.
Je reconnais avoir une vision probablement rĂ©trograde du Botox. Avant de lire cet article, je considĂ©rais que câĂ©tait une pratique rĂ©servĂ©e aux cĂ©lĂ©britĂ©s ou aux personnes particuliĂšrement prĂ©occupĂ©es par leur apparence. Je rĂ©alise que câest devenu un geste de beautĂ© presque ordinaire.
Je ne cherche pas Ă condamner les personnes qui y ont recours. Chacune fait ce quâelle veut de son corps. Pas de sujet lĂ dessus. En revanche, je mâinterroge sur notre sociĂ©tĂ© qui a toujours autant de mal Ă accepter le vieillissement des femmes.
Il suffit de regarder le cinéma : combien de femmes de + de 60 ans sont mises en avant avec des rÎles de premier plan ?
A quoi ressemblerait notre rapport au Botox si le vieillissement des femmes était considéré comme aussi normal et acceptable que celui des hommes ?
3. Si besoin
Dans le podcast Si besoin, Nicolas Demorand raconte sa bipolarité, longtemps dissimulée derriÚre une carriÚre médiatique trÚs exposée.
Dans cette série en 6 épisodes, il revient sur les mois qui ont suivi son départ de l'antenne, le temps passé à l'hÎpital Sainte-Anne, l'aggravation de sa maladie et son parcours, à travers son propre témoignage mais aussi des entretiens avec des professionnels de santé, des soignants et des personnes touchées par des maladies psychiatriques.
Chaque épisode dure entre 35 et 40 minutes.
Jâai trouvĂ© ce podcast trĂšs intĂ©ressant. Il mâa permis de mieux comprendre la bipolaritĂ© grĂące Ă des tĂ©moignages et des situations concrĂštes. Il donne aussi Ă voir la rĂ©alitĂ© des services psychiatriques, confrontĂ©s au manque de moyens, mais aussi lâinventivitĂ© des professionnels qui cherchent malgrĂ© tout des solutions.
Ce podcast mâa donnĂ© envie de lire son livre, IntĂ©rieur nuit, dans lequel Nicolas Demorand revient plus longuement sur son parcours.
4. La Hchouma
Câest par hasard que jâai lu La Hchouma la mĂȘme semaine que jâai Ă©coutĂ© Si besoin. Impossible de ne pas faire le rapprochement car les 2 racontent, chacun Ă leur maniĂšre, ces moments oĂč lâesprit devient un territoire difficile Ă habiter ainsi que la solitude qui accompagne la souffrance psychique.
La hchouma , câest la honte en darija. Câest aussi le titre du 1er roman de Dounia Hadni inspirĂ© de sa propre vie.
Câest lâhistoire dâune jeune femme trop musulmane pour ĂȘtre une vraie Parisienne et trop "pute" pour ĂȘtre une vraie Marocaine.
Ce que jâai aimĂ© dans ce livre, câest avant tout son style dâĂ©criture : une voix brute et lucide, qui raconte le poids de la honte et cette sensation de nâĂȘtre jamais tout Ă fait Ă sa place, ni Ă Paris ni au Maroc.
Câest un peu bateau Ă dire mais jâai trouvĂ© ce roman courageux. Dâabord parce quâelle dĂ©crit la pression familiale et religieuse marocaine, ensuite sa dissociation avec une hospitalisation psychiatrique, et pour finir sa relation amoureuse toxique qui finit de tout engloutir. Il faut beaucoup de courage pour Ă©crire un livre aussi intime.
Le livre fait moins de 200 pages. Je lâai lu en 2 soirs. JâĂ©tais partie pour le lire dâune traite mais les 34 degrĂ©s dans lâappartement Ă 23h jeudi dernier, ont eu raison de moi⊠je lâai fini le lendemain.
5. On mange 6 fois plus de poulets quâil y a 60 ans.
On mange 17 kgs de poulet par personne par an.
15 kgs de porc.
9 kgs de boeuf.
En tout, avec les autres viandes (mouton, lapin, etc.), on mange 47 kgs de viande par personne par an. (Source : Usbek & Rica)

Je trouve cette courbe assez impressionnante, notamment la progression de la volaille, représentée en rouge.
Mais pourquoi la consommation de poulet augmente autant ?
Dâabord parce que le poulet est beaucoup + efficace Ă produire. Il a besoin de beaucoup moins dâaliments quâun bĆuf, il grandit en quelques semaines seulement et il nĂ©cessite moins de terrain.
Résultat : le coût de production est + faible que pour un boeuf, donc le prix pour le consommateur aussi.
Le poulet a Ă©galement moins de âcontraintesâ religieuses et culturelles : le porc est interdit dans certaines religions et le bĆuf est parfois limitĂ© pour des raisons religieuses ou culturelles (notamment en Inde).
Le poulet est consommé presque partout dans le monde, ce qui favorise son expansion mondiale.
Depuis les annĂ©es 1980-1990, les recommandations nutritionnelles ont souvent encouragĂ© les viandes maigres et la rĂ©duction des graisses saturĂ©es. Le poulet a bĂ©nĂ©ficiĂ© dâune rĂ©putation de viande plus lĂ©gĂšre que le bĆuf ou lâagneau.
Il suffit dâĂ©couter les conversations Ă la salle de sport (Ă laquelle je ne vais plus đ) ou de regarder les contenus des influenceurs sur Instagram et TikTok : le poulet est souvent prĂ©sentĂ© comme LA protĂ©ine de rĂ©fĂ©rence pour âmanger sainâ ou prendre du muscle.
LâĂ©levage de volailles est devenu extrĂȘmement âperformantâ avec la mise en place de la sĂ©lection gĂ©nĂ©tique, dâautomatisation, de chaĂźnes logistiques mondialisĂ©es et de dĂ©coupe et transformation faciles (nuggets, filets, plats prĂ©parĂ©s).
Pour finir, il y a la question climatique. MĂȘme si lâĂ©levage de volailles a lui aussi un impact environnemental, le poulet gĂ©nĂšre moins dâĂ©missions de gaz Ă effet de serre que le bĆuf ou lâagneau. De nombreux consommateurs qui souhaitent rĂ©duire leur impact climatique remplacent le bĆuf par le poulet plutĂŽt que de devenir vĂ©gĂ©tariens.
VoilĂ vous savez tout sur lâune des plus grandes transformations alimentaires des 60 derniĂšres annĂ©es !
đźC'est tout pour aujourd'hui ! J'espĂšre que cette 61e Ă©dition de Taquito Ă©tait appĂ©tissante. Si vous lisez / Ă©coutez / visionnez / crĂ©ez des choses intĂ©ressantes, nâhĂ©sitez pas Ă me les partager : taquitonewsletter@gmail.com.Â
đSi vous avez reçu cette newsletter via un ami et que vous souhaitez recevoir les prochaines ou lire les prĂ©cĂ©dentes:Â
A dans 2 mercredis đ
Mathilde
đ Note de transparence
Certains liens peuvent ĂȘtre affiliĂ©s : je peux toucher une petite commission si vous passez par eux, sans coĂ»t supplĂ©mentaire pour vous. Merci pour votre soutien đ



