đź JâarrĂȘte Taquito ou pas ? La vĂ©ritĂ© aprĂšs 50 Ă©pisodes
#50 Poison, peur et pouvoir ; Ils décortiquent leurs chansons piste par piste ; de serrer pour survivre ; la bibliothÚque interdite qui défie les paywalls ; la magie du dessin animé à l'ancienne
Hola hola,
Aujourdâhui, câest la 50á” de Taquito ! Pour l'occasion, je vous propose une introduction un peu plus longue que dâhabitude.
Pourquoi�
Parce que jâai des choses Ă vous direâŠ
Le monde est lourd : Trump, ICE, Iran, Ukraine, Gaza⊠et tous les conflits silencieux. Les inĂ©galitĂ©s qui se creusent. La planĂšte suffoque sous nos actions. Il y a ce bruit constant qui me fatigue et mâinquiĂšte. Je trouve ça difficile Ă porter, parce que je sens que fermer les yeux nâest plus possible, mais je me sens paralysĂ©e et incapable dâagir.
Dans ce contexte, je me demande quel sens peut avoir ma newsletter : partager des recommandations, des idĂ©es, analyser des sujets de sociĂ©tĂ©. Ăa semble dĂ©risoire face Ă lâampleur du chaos. Et pourtant, je crois quâon a besoin de contenus créés par de «âŻvraiesâŻÂ» personnes, avec curiositĂ©, sincĂ©ritĂ© mais aussi imperfection (oui, je fais des fautes dâorthographe comme me le fait justement remarquer ma mĂšre aprĂšs chaque publicationâŠ). Des contenus qui ne sont pas triĂ©s par des algorithmes, qui ne cherchent pas Ă captiver notre attention pour des likes ou des clics, mais qui sont Ă©crits avec cĆur.
Alors cette newsletter, je veux quâelle soit çaâŻ: un petit espace oĂč on peut explorer des idĂ©es librement et nourrir notre curiositĂ© malgrĂ© la lourdeur du monde.
Merci de me suivre dans ce petit voyage, merci de lire, de réfléchir et de partager un peu de cette curiosité avec moi.
Et si tu veux que Taquito continue, la meilleure façon de mâaider, câest dâen parler autour de toi et de partager cette newsletter avec tes amis, tes collĂšgues et tes voisines. Chaque petit geste compte pour que notre aventure continue !âïž
1. Poison, peur et pouvoir
Je ne sais pas si ça vous arrive, mais parfois je tombe sur un contenu qui mâintrigue un peu mais sans plus. Puis, quelques jours plus tard, je tombe sur un autre contenu, je fais le lien entre les 2 et je me dis quâil y a quelque chose Ă creuser.
Câest exactement ce qui sâest passĂ© quand jâai vu cette vidĂ©o qui raconte comment l'Ătat russe utilise le poison pour menacer, intimider et Ă©liminer ses adversaires dans le monde entier. Elle dure 10 minutes. Câest un cours accĂ©lĂ©rĂ© sur lâhistoire du renseignement en Russie depuis un siĂšcle.
Puis, quelques jours plus tard, je lisais un article qui a complĂštement rĂ©sonnĂ© avec cette vidĂ©o : la biotech française Fabentech a obtenu lâautorisation de commercialiser un antidote contre la ricine, cette molĂ©cule redoutĂ©e dans le domaine du bioterrorisme. Pour vous donner une idĂ©e de sa dangerositĂ©, elle est 6 000 fois plus toxique que le cyanure. Une menace qui, jusquâici, semblait surtout thĂ©orique, mais qui devient tangible.
Ce qui mâa frappĂ©e, câest que lâentreprise a dĂ©jĂ enregistrĂ© pour 20 millions dâeuros de commandes, venant du ministĂšre des ArmĂ©es et de plusieurs pays europĂ©ens restĂ©s anonymes. La sĂ©curitĂ© biologique nâest plus un concept abstrait : câest un enjeu stratĂ©gique et international.
En y rĂ©flĂ©chissant, je me rends compte que ces 2 informations racontent quelque chose de plus vaste : le danger est toujours prĂ©sent dans le monde dans lequel nous vivons, mais lâingĂ©niositĂ© humaine peut aussi crĂ©er de vĂ©ritables boucliers. Dâun cĂŽtĂ©, des menaces qui semblent sorties dâun film, de lâautre, des scientifiques qui innovent pour y rĂ©pondre. Et au milieu, nous !
Vous nâavez pas parfois lâimpression que nous vivons dans un monde un peu dystopique ?
2. Ils décortiquent leurs chansons piste par piste
Ă ce stade, jâimagine votre tĂȘte : entre lâintro un peu plombante et lâarticle sur les menaces bioterroristes, vous devez avoir envie de quelque chose dâun peu plus lĂ©ger. Bingo !
Je vous entends đ.
Je vous propose un podcast qui existe depuis⊠10 ans !
Comment se fabrique un banger ? Comment se font les beats des grands succĂšs de la musique dâaujourdâhui ? Les plus grands producteurs racontent, pistes par pistes, la crĂ©ation en studio des tubes dâaujourdâhui.
La saison 3 de Beatmaker : dans la fabrique des tubes aborde la façon dont les mĂ©thodes de production du rap et de lâĂ©lectro ont infiltrĂ© toutes les musiques pop et populaires.
Je trouve fascinant dâĂ©couter les processus crĂ©atifs, de dĂ©cortiquer les compositions, leurs influences et la provenance de chaque piste. Le podcast fonctionne un peu comme un mode dâemploi : geek et accessible Ă la fois. On se rend compte que les gros bangers sont parfois le fruit dâaccidents heureux.
Jâavais particuliĂšrement aimĂ© les Ă©pisodes avec Guillaume BriĂšre sur âParadisâ dâOrelsan, celui avec Seysey pour â42â dâAya Nakamura, ou encore Dany SynthĂ© pour âSaper comme jamaisâ de Gims dans les 2 premiĂšres saisons.
Je suis en train dâĂ©couter la 3e saison et je ne suis absolument pas déçue !
3. La bibliothÚque interdite qui défie les paywalls
LâannĂ©e derniĂšre, je vous avais parlĂ© dâAnnas archive : la plus grand bibliothĂšque gratuite en accĂšs libre (et illĂ©gale). Cette immense base de donnĂ©es met Ă disposition des millions de livres, dâarticles scientifiques et de documents.
Le site principal a depuis fermĂ© sous son nom de domaine en .org, probablement Ă la suite de pressions juridiques. Mais, le projet nâa pas disparu pour autant. Il continue dâexister via plusieurs sites miroirs, accessibles notamment aux adresses suivantes :
annas-archive.li
annas-archive.se
annas-archive.in
annas-archive.pm
Comme souvent avec ce type de plateformes, les noms de domaine changent réguliÚrement pour échapper aux blocages⊠Je partage ces liens car, malgré leur caractÚre illégal, ils représentent une incroyable ressource pour quiconque souhaite accéder à des savoirs parfois inaccessibles.
4. Se serrer pour survivre
Poursuivons avec une mignonnerie lue du cÎté de la newsletter de La RelÚve et la Peste :
Quand lâhiver mord, la tendresse devient une stratĂ©gie. Des abeilles aux manchots, en passant par les macaques et les rongeurs, de nombreuses espĂšces se serrent pour produire de la chaleur et survivre au froid.
Chez certains animaux, se rĂ©chauffer est une affaire de groupe. Les manchots empereurs â seuls Ă se reproduire en plein hiver antarctique â endurent jusquâĂ â 50 °C et des vents de 200 km/h. Pour tenir, ils se serrent en grappes de centaines, parfois de milliers dâoiseaux. La masse nâest pas figĂ©e. Elle pivote lentement, de sorte que ceux du bord finissent par rejoindre le centre, oĂč lâair peut ĂȘtre de plus de 20 °C plus chaud. Et si la chaleur devient excessive, le groupe se disloque dâun coup, comme une soupape thermique.
La logique est la mĂȘme chez les abeilles. Sous 12 °C, la colonie se rassemble en grappe autour de la reine. Au centre, la tempĂ©rature reste comprise entre 25 et 30 °C. Les ouvriĂšres en pĂ©riphĂ©rie se relaient pour Ă©viter lâhypothermie. GrĂące Ă cette organisation et Ă la production de chaleur musculaire, une colonie vigoureuse peut rĂ©sister Ă â 20 °C. Cette rotation est vitale. Sans elle, la grappe se fragilise.
Cette solidaritĂ© thermique nâest pas lâapanage exclusif des oiseaux et des abeilles. Chez certaines souris, les chercheurs ont observĂ© que le regroupement augmente nettement quand la tempĂ©rature baisse, surtout entre individus qui se connaissent. Se coller les uns aux autres permet de limiter la perte de chaleur, mais aussi de tester la tolĂ©rance sociale. En clair, quand il fait froid, les conflits sâattĂ©nuent.
Ce rĂ©flexe se retrouve Ă©galement chez les primates du nord du Japon, oĂč les macaques ont dĂ©veloppĂ© une stratĂ©gie tout aussi efficace en se serrant les uns contre les autres en vĂ©ritables âboulettes de singesâ, selon lâexpression locale.
Jây vois lĂ une belle leçon : dans les moments difficiles, se rapprocher, partager chaleur et solidaritĂ© nâest jamais inutile.
Nous sommes tous connectĂ©s au reste du vivant et lâUnion fait la force !đ€
5. La magie du dessin animĂ© Ă lâancienne
Pour conclure sur une note poĂ©tique et en Ă©cho Ă lâarticle prĂ©cĂ©dent, je vous invite Ă dĂ©couvrir ce court-mĂ©trage animĂ© de 11 minutes rĂ©alisĂ© par Aaron Blaise, connu pour FrĂšre des Ours. Lâartiste a créé pas moins de 11 000 dessins pour donner vie Ă cette petite merveille. Il a passĂ© + de 3 ans Ă donner vie Ă Snow Bear, travaillant sur chaque Ă©tape du film, des storyboards Ă lâanimation finale, entiĂšrement seul. Les dessins, le rythme des mouvements, la musique, la richesse des couleurs et des lumiĂšres. Tout y est !
Ă lâĂšre de lâIA et des vidĂ©os produites en masse, Snow Bear me semble ĂȘtre un vĂ©ritable acte militant en faveur de lâanimation traditionnelle et une dĂ©fense de la patience et de lâexigence que seul le travail artisanal peut offrir.
A regarder Ă partir de 6/7 ans !
đźC'est tout pour aujourd'hui ! J'espĂšre que cette 50e Ă©dition de Taquito Ă©tait appĂ©tissante. Si vous lisez / Ă©coutez / visionnez / crĂ©ez des choses intĂ©ressantes, nâhĂ©sitez pas Ă me les partager : taquitonewsletter@gmail.com.Â
đSi vous avez reçu cette newsletter via un ami et que vous souhaitez recevoir les prochaines ou lire les prĂ©cĂ©dentes:Â
A dans 2 mercredis đ
Mathilde







Fuper!
Justement, cette infolettre (vivant au Québec, j'ai adopté ce terme :P) nous permet de nous changer les idées par rapport au chaos ambiant :)
J'aime beaucoup les recommandations d'animations pour les plus petits. Mon plus grand a 4 ans, et je cherche d'autres choses que Pat Patrouille ou Spidey à lui montrer! J'en ai trouvé quelques unes, comme Il était une fois l'homme ou PÚre castor, mais ce n'est pas toujours évident ;) Merci!
50 déjà !
Bravo pour la persévérance et puis elle est toujours agréable à lire cette newsletter !