🌮Quand les erreurs font le succès
#51 Lire des articles payants… gratuitement ; un court-métrage pour s'évader ; le business des toutous ; dessiner sa carte mentale de la semaine (je vous montre la mienne)
Hola hola,
Pour cette édition, je vous propose : un superbe court-métrage, ma technique de carte mentale pour résumer et visualiser ma semaine, un site internet permettant d’accéder à des articles payants (sans payer…), une réflexion autour des business pour chiens, et pour commencer, on va parler d’heureux hasards.
C’est parti, bonne lecture !
1. Quand les erreurs font le succès
J’ai pour défaut de vouloir tout faire parfaitement, ce qui me paralyse souvent : quand on vise la perfection, c’est difficile de passer à l’action! J’ai mis des années avant de lancer cette newsletter. Ma liste d’idées de projets est longue comme le bras, mais la peur de mal faire m’empêche souvent de me lancer. C’est pourquoi j’admire les personnes qui osent se lancer, même lorsqu’elles ne se sentent pas prêtes car, force est de constater, qu’il existe des erreurs heureuses !
Prenons l’exemple de ce fabricant qui a accidentellement cousu une grimace au lieu d’un sourire sur un cheval en peluche destiné au Nouvel An lunaire en Chine.
À sa place, j’aurais probablement annulé la production, refusé de le vendre… SAUF QUE…
Aujourd’hui, le “Cry-Cry Horse” se vend comme des petits pains.
Pourquoi ?
Cette “erreur” a touché de nombreux travailleurs chinois, confrontés à la culture exigeante du 9‑9‑6 (9h‑21h, 6 jours sur 7), car le jouet symbolise la possibilité de montrer sa vulnérabilité dans un environnement professionnel intense.
Vendu 25 yuans (environ 3,60 $), le cheval en peluche est devenu un objet émotionnel populaire sur les réseaux sociaux. Les utilisateurs le placent sur leur bureau et partagent des photos exprimant leur fatigue et leurs frustrations au travail.
Les experts en consommation expliquent que cette popularité tient à sa capacité à refléter de manière humoristique et légère le stress des jeunes travailleurs, mais aussi à sa dimension humaine par rapport à un produit parfaitement fabriqué.
Ce petit cheval triste est ainsi devenu un symbole de l’angoisse corporative et un exutoire émotionnel pour une génération sous pression. S’il avait été parfaitement cousu, il n’aurait probablement jamais rencontré un tel succès.
Parfois, il vaut mieux se lancer et oser, même imparfaitement, que d’attendre que tout soit parfait pour agir. Et comme le dit si bien Quentin Tarantino :
It’s not about perfection, it’s about getting it out.
2. Un court-métrage pour s’évader
J’en parlais dans l’introduction de la newsletter précédente : en ce moment, j’ai besoin de m’évader, de fuir un peu le réel à travers des fictions, des romans, des films. C’est dans cet esprit que j’ai lu Incident au fond de la Galaxie, un recueil de nouvelles d’Edgar Keret. Certaines sont farfelues, d’autres portent une morale, mais c’est justement ce mélange qui fait leur charme.
Aujourd’hui, je veux surtout vous partager ce court-métrage remarquable, La jeune fille qui pleurait des perles : une très belle histoire racontée avec des voix magnifiques et réalisée en stop-motion (animation image par image). J’ai été déstabilisée au début par le visuel des marionnettes, mais l’histoire est tellement captivante qu’elle m’a immédiatement emportée. Les marionnettes et les décors ont été fabriqués à la main. Chaque détail contribue à l’atmosphère unique de ce court métrage.
Pour la petite anecdote, et en lien avec l’article précédent, voici un autre exemple d’heureux accident:
Lors de la construction du décor, inspiré du Montréal du début du XXe siècle, un incident a déterminé l’aspect de la maison délabrée. Les cinéastes expliquent: “La maquette originale avait été mise à sécher à l’extérieur de notre studio, mais il y a eu un orage imprévu et, à notre retour, elle était déformée. Le résultat nous a tellement plu que nous avons intégré les déformations dans le modèle final. “
Voici quelques photos du tournage :
Si vous avez un quart d’heure devant vous et que vous voulez vous changer les idées, foncez !
3. Carte mentale de ma semaine
Dans une des premières éditions de Taquito, en avril 2024, je vous avais parlé d’une habitude que j’ai instaurée : chaque vendredi, je réalise une carte mentale, ou mind map, pour faire le bilan de ma semaine. Cette pratique me permet de travailler ma mémoire en notant les faits marquants et en les illustrant directement dans mon cahier.
Depuis maintenant 2 ans, cela constitue mon journal intime, une trace personnelle de mon quotidien. Au fil du temps, et après avoir rempli 3 cahiers, j’ai fait évoluer le concept.
Au début, mes mind maps avaient cette apparence :
Mais récemment, j’ai fait évoluer ma pratique, et elles ressemblent désormais à ceci :
J’ai supprimé les liens entre les éléments, car je me rends compte que je les relie naturellement dans mon esprit. Le style est donc plus épuré. J’essaie aussi de dessiner un peu plus et d’écrire moins. J’ai mis en place des raccourcis : par exemple, si je dessine des ciseaux, ça veut dire que j’ai fait du collage cette semaine-là.
Il est probable que vous ne compreniez pas grand-chose à ces gribouillis, mais l’idée est simplement de vous montrer comment je fonctionne. Peut-être que cette habitude pourra aussi vous inspirer !
En tant que passionnée de fournitures de bureau, de carnets et de stylos en tout genre, je vous partage les références du matériel que j’utilise : les cahiers Clairefontaine Sketch 160g blanc et les feutres PaperMate médium bleu.
Et vous, est-ce que vous avez une méthode pour faire le bilan de vos journées, semaines ou mois ? Est-ce que vous garder une trace de vos moments marquants ?
4. Le business des toutous
J’effectue une veille quotidienne sur les sujets de société et les grandes tendances à l’échelle mondiale : ce qui se transforme, ce qui évolue, sur les plans culturel et économique. Je m’intéresse particulièrement à ces signaux faibles et je trouve ça vraiment passionnant.
Depuis 2 ans, je suis frappée par la place grandissante que prennent les animaux de compagnie, et en particulier les chiens, dans nos vies. Je vois émerger de plus en plus d’entreprises dans ce secteur : de la santé à la nutrition, en passant par les services funéraires, mais aussi la communication. J’en ai listé plusieurs au fil du temps.
J’avais déjà évoqué ce sujet il y a 1 an et demi, dans cet article. J’étais tombée de ma chaise en apprenant que les ventes de poussettes pour chiens avaient dépassé celles des poussettes pour bébés, et je vous en avais parlé : ici.
Me revoici aujourd’hui avec quelques exemples récents, trouvés à droite et à gauche :
Lutte contre l’obésité : Les médicaments anti-obésité à base de GLP-1 se démocratisent aux États-Unis et concernent désormais aussi les animaux de compagnie. Le marché mondial de la gestion de l’obésité animale (nutrition, services et soins) est estimé à environ 10,4 milliards $ en 2024 et devrait atteindre près de 14,5 milliards $ d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel moyen de 6,5 %.
Colliers et dispositifs connectés : Aujourd’hui, de nombreux colliers et dispositifs permettent de surveiller la santé des chiens. Certains se concentrent sur le suivi de l’activité et du niveau d’exercice, d’autres mesurent le rythme cardiaque, la qualité du sommeil ou détectent certains signes précoces de pathologies.
Communication avec l’IA qui fait parler les animaux : Parmi les innovations récentes, le Shazam Band propose d’interpréter les émotions et certains besoins de santé des animaux. Il combine capteurs et algorithmes de machine learning pour analyser leur état et restituer des messages vocaux en anglais, mandarin, espagnol ou patois. L’appareil traduit ainsi les émotions et comportements de l’animal en phrases compréhensibles par son propriétaire.
Côté prix : 495 $ pour un chat, 595 $ pour un chien, avec 99 $ pour chaque changement de voix et 295 $ d’abonnement annuel après la première année. La promesse de faire “parler” son animal peut donc rapidement dépasser les 1 000 $.
Je trouve ça fascinant et ça m’interroge aussi : qu’est-ce que cela révèle de notre société de vouloir donner une voix à nos animaux, de les connecter à des appareils, de les observer et de les analyser ?
Selon moi, les chiens ne sont plus seulement des compagnons : ils sont devenus de véritables membres de la famille. Je me demande jusqu’où cette évolution ira, et comment nos émotions, nos modes de vie et nos technologies continueront de transformer la façon dont nous vivons avec eux. 🐶
5. Lire des articles payants… gratuitement
Il y a 2 semaines je vous ai parlé d’Annas archive : la plus grand bibliothèque gratuite en accès libre (et illégale).
Cette fois, je vous présente un site tout aussi utile, mais qui s’inscrit lui aussi dans une zone grise juridique : https://archive.ph.
Il se présente comme “la votre machine à voyager dans le temps personnelle! Il prend un ‘cliché’ instantané d’une page web qui sera en ligne même si la page originale disparaît. Il sauvegarde le texte et une copie graphique de la page pour plus de précision. Il raccourcit aussi les URLs tout comme tinyurl, goo.gl et bit.ly.”
En pratique, beaucoup de personnes utilisent surtout ce service pour tenter d’accéder à des articles normalement protégés par un paywall (mur de paiement). C’est d’ailleurs de cette façon que je vous partage parfois des articles du New York Time ou du Guardian par exemple.
Il est donc techniquement possible de contourner certains paywalls, mais il faut garder à l’esprit que cette pratique peut enfreindre les conditions d’utilisation des sites concernés ainsi que les droits d’auteurs.
🌮C'est tout pour aujourd'hui ! J'espère que cette 51e édition de Taquito était appétissante. Si vous lisez / écoutez / visionnez / créez des choses intéressantes, n’hésitez pas à me les partager : taquitonewsletter@gmail.com.
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A dans 2 mercredis 😘
Mathilde
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Bonjour, merci beaucoup pour ces partages, toujours aussi rafraichissant !
L'accident, l' "erreur", le truc qui ne marche pas comme on l'avait prévu, le décalage, l'imperfection, c'est précisément ce qui fait d'une création quelque chose d'intéressant à mon avis. Je ne connais aucune œuvre qui ne soit pas, au moins en partie, le fruit de quelque chose d'inattendu. Une fois qu'on en a conscience, qu'on sait qu'on doit faire confiance au processus (le fameux "trust the process"), c'est beaucoup plus simple de laisser de côté son perfectionnisme. Parce que tout le fun se situe dans le cheminement où on va irrémédiablement vivre une aventure, avec son lot de surprises. Mais se lancer, ça reste dur, ça c'est sûr ! Je suis bien d'accord ! 😅