🌮Télécommande pirate, cookies et comment se rendre irremplaçable à l’ère de l’IA
#54 être là où ça compte ; comment les lobbies façonnent nos habitudes (l’exemple des couches) ; une télécommande pirate ; se rendre irremplaçable à l’ère de l’IA ; la recette ultime de cookies ;
Hola hola,
Aujourd’hui, au programme : une réflexion de la philosophe Marie Robert, la recette de cookies de Cyril Lignac, un objet pour hacker les téléviseurs, et 2 articles de fond sur l’influence des lobbies sur l’âge de la propreté chez les enfants, et sur ce qui, selon moi, nous rend irremplaçables à l’ère de l’IA.
C’est parti, bonne lecture !
1. Une télécommande pirate
J’ai découvert dans la dernière newsletter de Climax qu’il existe une télécommande universelle, inventée il y a une vingtaine d’années par un hacker américain. Elle permet de « parcourir en quelques secondes toutes les fréquences de toutes les marques de téléviseurs et d’envoyer à chacune le signal “éteins-toi” ». Elle a même une portée de 45 mètres !
Pour la fabriquer, il faut un petit kit d’une vingtaine d’euros, un fer à souder, et un esprit de bricoleur rebel.
Petite anecdote : pendant la Coupe du monde, des militants s’en servaient pour éteindre les télés dans les bars pour couper les spots publicitaires à la mi-temps.
La cible de Climax est désormais CNews: une manière d’infiltrer l’actualité dominante pour la détourner et, peut-être, éteindre certains récits comme on éteint une télévision.
J’avoue que ça m’a donné envie d’en fabriquer une, même si je ne manie pas le fer à souder ! Et en même temps, pour en faire quoi ? J’imagine la frustration si quelqu’un te fait ça en plein film ou match… Y a de quoi devenir dingue !
2. Etre là où ça compte
Le texte ci-dessous de la philosophe Marie Robert m’a fait réfléchir ces derniers jours. Je vous le partage tel quel, en espérant qu’il vous inspire et vous apaise, et qu’il accompagne votre réflexion comme il a su accompagner la mienne.
Ceci est notre urgence. Une des choses qui me questionnent beaucoup, c’est de savoir à quel endroit il est pertinent que je sois. Notre temps est limité, notre attention aussi, les sollicitations sont immenses, les désirs innombrables, les contraintes sans fin.
Où devons-nous être ? Comment savoir quelle est notre juste place ?
Je me souviens un jour d’avoir eu une discussion avec mon ancienne belle-mère. Elle venait de se faire virer d’un job qu’elle avait exercé avec abnégation pendant 15 ans, sacrifiant souvent des souvenirs, des heures de sommeil, et quelques convictions. Je lui ai demandé ce qu’elle regrettait le plus, d’un air las et lucide, elle me répondit : « Avoir souvent oublié d’être là où ça compte ».
Voilà je crois l’unique boussole. Il ne s’agit pas d’opposer le travail à la vie privée, la vie de famille à l’amitié, les moments collectifs aux plaisirs solitaires. Il s’agit seulement d’avoir dans un coin de la tête ce repère : où est-ce que ça compte ? Émotionnellement, psychiquement, financièrement, éthiquement…etc.
On nous fait croire à l’ubiquité, on nous fait croire que nous sommes multitâches, on entretient l’illusion qu’un message peut compenser l’absence, qu’un résumé peut remplacer une étude de fond, mais en réalité c’est impossible, en se démultipliant, on taille dans la qualité, on entache la présence, on brise la pertinence.
Il nous faut choisir comment nous allons gérer ces précieuses minutes de notre vie, comment nous allons les remplir, avec quoi et avec qui.
J’écris tout le temps sur le temps parce que j’écris tout le temps sur la vie, et que je sais qu’elle passe en un éclair. À peine l’a-t-on compris que déjà c’est fini. Alors soyons là où ça compte, là où ça nous rend cohérents, là où c’est beau, là où ça nous rend fiers, là où ça nous grandit, là où la nécessité se justifie, là où c’est juste, là où ça nous fait du bien, là où ça nous met à l’abri.
Ce n’est pas simple, et ça nous oblige parfois à trancher dans le vif, mais je crois que c’est ici que se dessine le sens. Je ne veux jamais louper ce qui compte. Je nous souhaite de faire de ce temps qui s’écoule un sable d’or.
3. Comment les lobbies façonnent nos habitudes (l’exemple des couches)
J’ai lu cet article très intéressant qui explique comment l’industrie américaine des couches jetables a contribué à retarder l’apprentissage de la propreté chez les enfants, générant des milliards de dollars supplémentaires pour des marques comme Pampers et Huggies 🤯.
Dans les années 1940, la plupart des enfants étaient entraînés très tôt à la propreté. La majorité des enfants pouvaient être toilet trained avant leur 1er anniversaire.
Avec l’invention des couches jetables dans les années 1940-50, puis leur production massive par Procter & Gamble dans les années 1960, les parents ont progressivement commencé à retarder l’apprentissage de la propreté, privilégiant le confort et le côté pratique.
Le pédiatre T. Berry Brazelton a popularisé une approche centrée sur l’enfant, conseillant de commencer l’apprentissage vers 2 ans, âge où les enfants seraient physiquement et émotionnellement prêts.
Ce changement de pratique, combiné à la disponibilité des couches jetables, a fait grimper l’âge moyen de la fin de l’apprentissage de 18 mois dans les années 1940 à environ 37 mois en 2004.
Aujourd’hui, la prolongation de l’usage des couches pour les tout-petits représente un énorme marché aux Etats-Unis : si un enfant utilise des couches jusqu’à 36 mois au lieu de 24 mois, l’industrie américaine gagne environ 858 $ par enfant supplémentaire, soit environ 3,1 milliards de dollars par an pour les 3,6 millions de naissances annuelles.
Je n’ai pas vraiment d’avis sur la question de l’âge : chaque enfant est différent, et chaque contexte l’est aussi. Je me garderai donc bien de juger. Ce qui m’intéresse, en revanche, c’est de voir comment certains lobbies peuvent influencer nos habitudes et comportements pour créer des marchés extrêmement lucratifs.
Je pense qu’il est essentiel de prendre du recul et de s’interroger sur nos propres comportements : pourquoi est-ce que j’achète ce produit ? Pourquoi j’ai envie de faire telle ou telle chose ? Comprendre ces mécanismes nous permet de rester conscients de nos choix et de décider ce qui correspond vraiment à nos besoins, plutôt qu’à ceux des industries qui nous ciblent.
4. Se rendre irremplaçable à l’ère de l’IA
La grande question du moment quand on parle d’IA et d’emploi est : comment se démarquer des robots ? Quelles compétences développer pour ne pas être remplacé par une IA ? Le débat peut sembler anxiogène, mais personnellement, je suis convaincue que tout ce qui est créé par une main humaine prendra de la valeur. Que ce soit un objet, une œuvre d’art, un texte ou tout autre création, je crois que nous accorderons de plus en plus d’importance à l’authenticité et à l’humain. D’ailleurs, je ne serais pas surprise de voir apparaître des labels comme « sans IA » ou « fait à la main ».
De manière générale, je pense que tout ce qu’un ordinateur ne peut pas accomplir conservera une utilité. Par exemple, aux Etats-Unis, National Archives recherchent des volontaires capables de lire l’écriture cursive pour transcrire plus de 300 millions de documents historiques numérisés.
Selon moi, les compétences les plus résistantes à l’automatisation sont celles qui nécessitent un contact humain ou une créativité réelle, 2 domaines où les machines peinent encore un peu (mais de moins en moins).
C’est pour ça que je continue cette newsletter : toutes les informations brutes que je partage sont déjà disponibles sur Internet, je n’offre pas d’exclus. En revanche, je fais un vrai travail de curation et d’interprétation : je filtre, j’observe, je commente. Vous lisez cette newsletter parce que vous savez que vous allez apprendre quelque chose, ou à minima passer un bon moment. La valeur réside (en tout cas je l’espère) dans mon prisme personnel, ma sensibilité, mon style et ma vision : c’est à travers eux que ces informations prennent leur sens.
C’est un sujet que je trouve passionnant car on sent bien qu’on est au début d’un changement profond.
Dans la continuité de cette réflexion, j’ai lu cet article de Wired : The Real AI Talent War Is for Plumbers and Electricians, qui explique qu’une pénurie touche les métiers manuels qualifiés, essentiels à la construction des data centers qui alimentent l’IA.
Entre 2024 et 2034, les États-Unis risquent de manquer chaque année de dizaines de milliers d’électriciens, plombiers et ouvriers du bâtiment. La demande est particulièrement forte sur les projets de data centers, qui nécessitent des délais serrés et une grande précision, limitant l’apprentissage sur le terrain pour les apprentis.
Ce déficit structurel est aggravé par le vieillissement des professionnels qualifiés et le choix de la nouvelle génération de privilégier les diplômes universitaires, et il pourrait perdurer même après le boom de l’IA.
✅ Go passer son CAP électricienne ou plombière ?
5. Recette ultime de cookies
Samedi dernier, j’ai fait des cookies avec Junior et je crois bien avoir trouvé THE recette. La voici :
Mes petits conseils / commentaires :
J’ai utilisé une tablette de chocolat pâtissier noir : ça marche très bien.
Je n’avais que du sucre semoule, donc j’ai fait avec. J’ai réduit la quantité de sucre de 50 g.
J’ai mis le sachet entier de levure (marre des demi-sachets qui traînent 😅).
Pour la cuisson : je recommande vivement de ne pas trop les faire brunir. Je les sors dès qu’ils commencent à légèrement dorer. Ils sont encore mous à la sortie du four, mais ils durcissent en refroidissant.
J’ai oublié de les prendre en photos… et ils ont été mangés en rien de temps ! 🍪
🌮C'est tout pour aujourd'hui ! J'espère que cette 54e édition de Taquito était appétissante. Si vous lisez / écoutez / visionnez / créez des choses intéressantes, n’hésitez pas à me les partager : taquitonewsletter@gmail.com.
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Mathilde
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