Bonjour tout le monde,
JâespĂšre que le mois de septembre se dĂ©roule comme vous le souhaitez. De mon cĂŽtĂ©, jâai fait mes premiĂšres sĂ©ances de sport : je suis courbaturĂ©e de partout, mais plutĂŽt fiĂšre de moi ! Pourvu que ça dure :)
Pour cette Ă©dition, je vous propose une reco de BD, une reco de docu, 2 articles sur des tendances qui mâont intriguĂ©e, et un petit jeu pour apprendre Ă repĂ©rer les scams.
Bonne lecture !

1. Side business : les maisons de poupées pour adultes
Quand jâĂ©tais petite, je nâai jamais jouĂ© avec des poupĂ©es mais mes parents mâavaient fabriquĂ© une maison pour mes Playmobil. Jâai passĂ© des heures Ă jouer avec et Ă me raconter des histoires.
Si je vous parle de ça, câest parce que je suis tombĂ©e sur ce chiffre : le marchĂ© mondial des maisons de poupĂ©e devrait + que doubler dans les prochaines annĂ©es, passant de 1,2 milliard de $ en 2025 Ă 2,5 milliards en 2034.
Ce qui est marrant, câest que ce marchĂ© sâadresse principalement aux adultes, et non aux enfants !
Un article de Elle raconte comment concevoir et dĂ©corer sa maison de rĂȘve en miniature est devenu un loisir de + en + populaire chez les jeunes adultes.
Ă lâimage du mah-jong, de la broderie et dâautres âloisirs de grand-mĂšreâ qui connaissent actuellement un regain de popularitĂ©, les maisons de poupĂ©e sĂ©duisent une nouvelle gĂ©nĂ©ration dâadultes.
(âŠ)
Ă mesure que les gens recherchent des alternatives plus tactiles et plus esthĂ©tiques Ă des vies toujours plus connectĂ©es, les maisons de poupĂ©e offrent une forme de refuge, une Ă©chappatoire, une version idĂ©alisĂ©e du monde â ou du moins de certains de ses intĂ©rieurs.
(âŠ)
Ă une Ă©poque oĂč devenir propriĂ©taire et pouvoir remplir son logement de beaux objets semblent de plus en plus hors de portĂ©e, notamment pour les millennials et la gĂ©nĂ©ration Z, les maisons de poupĂ©e reprĂ©sentent une sorte de fantasme de maĂźtrise du foyer, mais Ă une Ă©chelle beaucoup plus accessible.
Lâarticle retrace lâhistoire des maisons de poupĂ©e, je vous Ă©pargne cette partie, mais ce qui est intĂ©ressant, câest que la pandĂ©mie et les rĂ©seaux sociaux ont donnĂ© un nouvel Ă©lan Ă ce loisir, qui est aussi devenu une forme dâart.
Pour certains, les miniatures et les maisons de poupĂ©e sont un moyen dâexprimer leur crĂ©ativitĂ©, de rĂ©duire le stress, de crĂ©er une communautĂ© et de retrouver une forme de nostalgie enfantine.
Un petit monde Ă soi, en quelque sorte.
Câest une façon de dĂ©crocher des Ă©crans, de ralentir, de bricoler quelque chose avec ses mains, sans objectif de performance.
Mais qui dit regain dâintĂ©rĂȘt, dit aussi businessâŠ
Des entreprises comme Kensington Dollhouse Co. et Tiny Doll House fabriquent et vendent des maisons hypperĂ©alistes, parfois sur mesure, pour des milliers de dollars. Câest assez impressionnant !
Ăvidemment, des influenceurs se sont aussi spĂ©cialisĂ©s dans cet univers, en partageant leurs crĂ©ations et leurs techniques sur les rĂ©seaux sociaux.
Perso, jâaime bien les gens passionnĂ©s. Si se fabriquer un petit monde imaginaire et rĂ©confortant rend les gens heureux, pourquoi sâen priver ?
Une derniĂšre photo pour la route :

2. Le monde sans fin
Jâai (enfin) lu la BD Le monde sans fin de Jancovici et Blain.
Elle traite de la question de lâĂ©nergie et du changement climatique, tout en abordant leurs enjeux Ă©conomiques, Ă©cologiques et sociĂ©taux.
Jâai beaucoup aimĂ© les dessins et le travail de vulgarisation autour de sujets parfois complexes. Je ne sais pas si tout est scientifiquement irrĂ©prochable, mais jâai trouvĂ© cette BD intelligible et agrĂ©able Ă lire. Jâai aimĂ© lâhumour noir et les dessins libres, sans cases, qui permettent de faire passer des sujets sĂ©rieux de maniĂšre assez lĂ©gĂšre et efficace.
Le principal reproche que je pourrais lui faire, câest le manque de contradiction : la BD donne parfois lâimpression que la parole de Jancovici est la seule qui vaille.
La BD assume une position clairement pro-nucléaire, ce qui lui a valu pas mal de critiques.
Câest un pavĂ© de 193 pages, Ă lire en plusieurs fois donc.
Je vous mets ici quelques planches pour que vous vous fassiez une idée :

3. Boue en dessous, soleil au-dessus
Ă 64 ans, Bá» sillonne HanoĂŻ Ă vĂ©lo, de porte en porte, pour rĂ©cupĂ©rer tout ce qui peut encore ĂȘtre recyclĂ©. Elle fait partie de cette main-dâĆuvre informelle, essentiellement composĂ©e de femmes ĂągĂ©es, qui rĂ©cupĂšrent les dĂ©chets dans tout le Vietnam.
Bá» voit le pays changer Ă travers ce que les habitants jettent. Les dĂ©chets racontent Ă leur maniĂšre lâessor Ă©conomique du Vietnam, mais aussi ses consĂ©quences : dĂ©charges saturĂ©es, pollution et transformation progressive des habitudes de consommation.
Jâai bien aimĂ© le format simple de Mud Below, Sun Above. On suit le quotidien de cette femme et petit Ă petit on dĂ©couvre sa vie et son parcours. Jâai particuliĂšrement aimĂ© ses rĂ©flexions sur la vie et sur les valeurs qui la portent. Ce documentaire permet de remettre pas mal de choses en perspective et de regarder un peu plus loin que le bout de son nombril.
Je regrette juste que le film soit si court (15 minutes) et quâil ne soit disponible quâavec des sous-titres en anglais.

4. Regarder des choses oĂč il ne se passe presque rien : la tendance des livecams
En dĂ©but dâannĂ©e je vous avais parlĂ© de la Slow TV. Je reviens sur le sujet, parce que jâai dĂ©couvert quâil y avait tout un monde que je ne connaissais pas.
Les vidĂ©os de nature âen directâ continuent de cartonner comme celle des âbearcamsâ qui films les ours bruns en Alaska. Par exemple, la camĂ©ra de Brooks Falls a enregistrĂ© 7,3 millions de vues entre le 22 juin et le 4 aoĂ»t 2026, soit +70 % en 1 an et + du double de 2024. En gros, elle filme des ours, en continu, qui se rassemblent autour dâune cascade pour attraper les saumons qui remontent la riviĂšre. Fun fact : il y a des fans qui comptent le nombre de saumons que chaque ours mange !
Mais jâai dĂ©couvert dâautres types de livecams. Par exemple, sur ce lien on peut regarder toutes les livecams du Japon. Câest un agrĂ©gateur de livecams japonaises en quelque sorte.
Voici une capture dâĂ©cran dâune livecam dâune rue de Tokyo la semaine derniĂšre. Jâai lâimpression quâils ont tous le mĂȘme parapluie :
Il y a aussi les trains et jâai Ă©tĂ© trÚÚÚÚÚs surprise par les chiffres !
La chaine Youtube Virtual Railfan compte actuellement environ 529 000 abonnĂ©s et 307 millions de vues cumulĂ©es. Des camĂ©ras filment les voies ferrĂ©es en continu, 24h sur 24. Il existe mĂȘme un abonnement payant Ă 100$/an pour rejoindre la communautĂ©.
La chaßne a enregistré environ 25,4 millions de vues sur les 3 derniers mois. En termes de pépettes, ça donne à peu prÚs ça :
Pas mal non pour des caméras qui filment des trains 24h/24 ?
L'existence des livecams nâest pas nouvelle. EarthCam existe depuis 1996. La camĂ©ra de Brooks Falls qui filment les ours existe depuis 2012. Ce que je trouve intĂ©ressant, câest leur transformation en contenu de divertissement, en communautĂ©s, voir en produits payants pour certaines.
Je pense que ce qui attire les personnes qui regardent ces livecams câest lâauthenticitĂ©. Dans une livecam, il nây a pas de mise en scĂšne, pas de montage. Un retour au vrai. Avec lâIA, nâimporte quelle image peut ĂȘtre fabriquĂ©e donc une image trĂšs banale mais authentiquement captĂ©e acquiert, paradoxalement, une valeur.
Il y a probablement le cĂŽtĂ© imprĂ©visible du direct aussi peut ĂȘtre qui attire.
En fait, je me dis que câest lâinverse de TikTok.
Dâun cĂŽtĂ© on a les livecams, avec des images trĂšs lentes, sans montage, sans crĂ©ateur, sans savoir ce quâil va se passer (peut ĂȘtre rien dâailleursâŠ), une attention relĂąchĂ©e, qui dure pendant des heures, des jours, des semaines⊠Et cĂŽtĂ© TikTok, on a des vidĂ©os trĂšs rapides, des montages oĂč tout est spectaculaire, avec une attention capturĂ©e sur un crĂ©ateur pendant 30 secondes max.
Je pense que câest cette opposition qui rend le phĂ©nomĂšne intĂ©ressant.
Ces livecams sont des sortes de micro-pause mentales dans le quotidien et câest probablement pour ça que les gens aiment bien les regarder.

5. Petit test : saurez-vous repérer le phishing ?
Il y a quelques mois, je me suis faite avoir par un scam pour une soi-disant promo sur une carte avantage SNCF. Le design du mail était identique aux mails classiques de la SNCF.
Jâai FOMO, jâai voulu aller vite et, aprĂšs avoir cliquĂ©, jâai vite vu que le mail nâĂ©tait pas legit. Je mâen voulais (mais quelle abrutie bon sang !) et je me suis jurĂ©e de ne plus jamais me faire avoir. Par mesure de sĂ©curitĂ©, jâai fait opposition sur ma carte bancaire, mĂȘme si, avec le recul, je pense que ce nâĂ©tait pas nĂ©cessaire.
Pourtant, je me mĂ©fie beaucoup de ce genre de choses mais comme pour tout, il faut sâentraĂźner et aiguiser ses rĂ©flexes.
Câest pourquoi jâai bien aimĂ© ce petit jeu créé par Google qui permet justement de tester sa capacitĂ© Ă repĂ©rer les tentatives de phishing.
Je vous propose donc de faire le test Ă votre tour.
Jâai eu 7/10. Pas mal, mais peut mieux faire !

đźC'est tout pour aujourd'hui ! J'espĂšre que cette 65e Ă©dition de Taquito Ă©tait appĂ©tissante. Si vous lisez / Ă©coutez / visionnez / crĂ©ez des choses intĂ©ressantes, nâhĂ©sitez pas Ă me les partager : taquitonewsletter@gmail.com.Â
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On se voit en Septembre đ
Mathilde
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8/10 car j'ai été hypervigilante !
7/10 aussi !